Accord politique. Abdourahamane Sano de la PCUD: « nous avons des réserves autour de certains points »

Accord politique. Abdourahamane Sano de la PCUD: « nous avons des réserves autour de certains points »

Abdourahamane Sano est le président de la Plateforme des citoyens unis pour le développement (PCUD). Il a émis des réserves sur l’accord politique du 12 octobre dernier. Nous l’avons interrogé…

Mediaguinee.com : Peut-on connaitre l’état des lieux des organisations de la société civile en Guinée de nos jours?
Abdourahamane Sano: Au niveau du domaine de la société civile il y a eu des mutations depuis 2011 à la faveur de tout ce que nous avons connu comme crise au niveau des organisations existantes à l’époque et ces mutations sont entrain d’aller vers un aboutissement avec une certaine pluralité des organisations. Beaucoup d’organisations émergent et il y a eu beaucoup de mobilités constatées, ce qui fait aujourd’hui nous pouvons dire que la société civile est entrain d’aller progressivement surtout avec de nouveaux leaderships et des nouvelles organisations qui ont pris pratiquement une ampleur extraordinaire. Autant dire que nous sommes entrain d’aller vers la crédibilisation de la société civile à travers certaines organisations de plus en plus prépondérantes et qui prennent en charge effectivement les préoccupations des populations.
Quelle est votre position par rapport au récent dialogue qui fait polémique aujourd’hui?
La position de la PCUD est très claire. PCUD salue toute initiative de dialogue en tant que moyen de gouvernance de notre pays. Nous devons pouvoir nous parler pour réguler les problèmes que nous avons ensemble. Nous avons un certain nombre de points concernant l’accord qui a été signé à partir du récent dialogue. Donc nous faisons allusion des appréhensions, nous avons des réserves. Au tour de certains points.
Premièrement, le fait qu’on veut nommer les chefs de quartiers et les chefs de districts. D’autant plus que la loi prévoit déjà qu’ils doivent être élus sous une bannière neutre, c’est à dire quant on est candidat au niveau du quartier et du district on est pas présenté sous le label d’un parti politique ou d’une organisation quelconque, même une ONG. Et là il y a des enjeux liés à la légitimité de ces autorités de proximité. Les faux problèmes qu’on a aujourd’hui est la désarticulation qu’on a entre l’Etat et les citoyens, résultent dans le fait que les chefs de quartiers ne sont pas légitimes. C’est difficile à admettre que les acteurs politiques se réunissent pour dire qu’ils vont désigner les élus à la base, cela est loin de leur ressort.
Deuxième point, se sont l’indemnisation des victimes de 2013 seulement c’est pas juste. S’il est question d’indemnisation, il faut penser à toutes les victimes de violences politiques. Je ne parle pas de question de complot qui relève d’un autre ordre, je veux parler des gens qui ont été victimes lors des différentes manifestations…
Votre regard sur la démocratie sur le plan africain?
Moi j’aime me concentrer sur la Guinée malgré des avancées indécises de démocratie. Aussi longtemps qu’on parle de représailles et de peur, nous devons comprendre que notre démocratie est encore déficiente, nous devons savoir que la logique de penser que celui qui n’est pas d’accord avec toi est contre toi. Ou que celui qui vous dit la vérité est contre vous dans le débat politique, vraiment un c’est un signe de déni de démocratie. Nous voyons même des hauts cadres de l’Etat qui vont dans les meetings pendant qu’ils n’en ont pas le droit d’aller parler du tripatouillage de la constitution. En terme clair, il y a certes des avancées mais nous sommes encore loin de dire que nous sommes sur une voie assez consolidée en matière de démocratisation. Il faut poursuivre alors le combat.
Votre message pour la paix dans notre pays.
Nous demandons aux autorités de gérer le pays sur la base de la justice et de la transparence. A la classe politique, opposition et mouvance de faire en sorte que toutes les négociations dans le cadre du dénouement ou de la résolution des crises ne se fassent autour des enjeux d’intérêts personnels mais plutôt d’intérêt général.
Par Rougui Bah de Mediaguinee.org

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